Il était une fois… Bernard Magrez

Grand homme d’affaires bordelais, Bernard Magrez possède aujourd’hui 40 domaines (dont 17 à l’étranger). “L’homme aux 40 châteaux” comme on le surnomme, n’a pas dit son dernier mot et poursuit son rêve : transmettre l’excellence.

(Bernard Magrez. source : https://www.visitfrenchwine.com/)

Il est né le 23 mars 1936 à Bordeaux, une ville idéale pour s’épanouir dans le domaine du vin, mais ça… il ne le savait pas encore. Bernard Magrez n’a pas eu une enfance facile, il a dû selon lui faire ses preuves et on ne lui pardonnait aucune erreurs.

On” ? Son père notamment, avec qui il était en conflit durant toute son adolescence. Ce même père qui l’a envoyé dans une école du bois à Luchon pendant trois ans pour faire un CAP d’affûteur de scies… Un diplôme qui ne lui servit pas par la suite.

Mais il revint sur ses terres et emprunta un chemin différent en rachetant un fond de commerce d’un petit importateur de spiritueux qu’il nomma William Pitters. Nous sommes en 1960 et c’est à ce moment là que sa folle épopée commence!

Et on peut dire que ce fut le timing parfait pour Bernard Magrez car dans les années 1960, un phénomène changea le mode de consommation des villes : les supermarchés débarquent en France. À cette époque, notre homme d’affaires commence alors à vendre des bouteilles à ces nouvelles surfaces avoisinant son entreprise. Toutes les villes souhaitaient avoir un supermarché et, ces derniers, avaient besoin de produits à vendre.

Plus les mois passent et plus les installations sont nombreuses, ce fut l’opportunité pour Bernard Magrez. Il continua de vendre des bouteilles, en frappant aux portes de toutes ces nouvelles enseignes qui ouvrent. “On court pour fournir tout le monde et tout mettre en place” déclara-t-il dans une interview de 2009, se souvenant de son début de carrière.

Voyant son affaire prospérer, il se diversifia en ajoutant de la tequila (San José) à son porte-feuille, déjà composé de whisky (William Peel) et de porto. Il amassa une petite fortune en hissant ces différentes marques dans le top des ventes. Étonnement, Bernard Magrez n’a pas commencé avec le vin comme on pourrait l’imaginer, mais avec des spiritueux. Grâce à son sens des affaires, il a pu par la suite réinvestir et créer une marque de vin nommée “Malesan” en 1979.

Notre protagoniste fut ainsi lancé dans ce fabuleux monde qu’est le vin, durant laquelle il acheta de multiples propriétés, en France comme à l’étranger, apposant son nom comme une marque prestigieuse de qualité.


Les 40 propriétés

(la totalité des propriétés de Bernard Magrez. Source : https://bernard-magrez.com/fr/)

Dans les années 1980, Bernard Magrez modifie sa ligne de mire et vise dorénavant des Châteaux bordelais, tout en délaissant petit à petit les spiritueux. On note par ailleurs son acquisition en 1986 du Château Pape Clément (Graves) puis en 1999 du Château Fombrauge (Saint-Émilion Grand Cru Classé) ainsi que de La Tour Carnet (grand cru classé du Haut-Médoc). Il quitte ainsi les rayons de supermarchés pour ceux des cavistes.

Mais il sait aussi bien s’entourer, preuve d’un homme ambitieux. Michel Rolland, œnologue à Bordeaux, le conseilla sur ses vinifications. Bernard Magrez suivit ses propositions et la suite de l’histoire lui montra qu’il avait raison. Les résultats sont décrits comme des merveilles par Bernard Magrez, qui éleva encore un peu plus la qualité gustative des vins de ces différentes acquisitions.

Au début des années 2000, il décide de vendre “Malesan”, proposant des vins de moyenne gamme, pour se concentrer sur du haut de gamme. Se rapprochant un peu plus de son but, transmettre l’excellence, Bernard Magrez continua les investissements en France mais aussi à l’étranger…

Il se diversifia également par la suite :

  • En 2010, il crée sa «Fondation Bernard-Magrez» puis en 2011 l’«Institut culturel Bernard Magrez» pour le mécénat artistique.
  • En ouvrant un hôtel 5 étoiles “La Grande Maison à Bordeaux” possédant 2 étoiles au Guide Michelin. À la carte, 259 Crus Classés de Bordeaux dont 172 Grands Crus Classés… Être indécis dans ce genre de situation peut être compliqué.
  • Il lutte contre le cancer en étant impliqué dans la recherche de traitements

Enfin, quand on lui demande comment entretenir cette motivation dans une interview du figaro en 2009, il répond : “Je ne me pose pas de questions… L’envie de ne pas me retrouver sur le porte-bagages et d’attendre que ça se passe… j’ai 73 ans et je fais comme ci je ne devais jamais mourir.”.

C’est finalement cette rage de vaincre et cette envie de réussir qui l’ont poussés à se dépasser. D’ailleurs, je préfère vous laisser sur ses propres mots qui le décrivent si bien : “Je n’avais aucun diplôme mais j’étais affamé de succès”.

En vous souhaitant de futures belles dégustations…

À bientôt.


Sources

https://www.winepaths.com/articles/interviews/bernard-magrez
https://www.visitfrenchwine.com/portrait/

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